Chroniques



Il faisait bon ce soir du 22 novembre à Avignon. Atmosphère légère, charme désuet des ruelles de la vieille Cité des Papes et ce rendez-vous si particulier avec Roland Conil et Serge Barbuscia à la Chapelle des Italiens.

Hé oui ! La fusion théâtrale des « 7 dernières paroles du Christ en croix » de Joseph Haydn et du texte de Primo Levi « Est-il un homme « révèle une œuvre douloureuse où l’homme et le Christ sont placés au centre. En prononçant cette même parole « J’ai soif », tous deux démontrent la cruauté inique de l’homme envers l’autre. La chaîne du désespoir se met en route avec son cortège de questions sans réponses, de réponses sans questions. Qui sera le plus déshumanisé… du bourreau ou de la victime.

L’accompagnement musical au piano  ponctue de façon lancinante le texte de Levi, le rescapé, qui au plus profond du reste de son être crie, crie, du mieux qu’il peut encore, son horrible douleur magnifiée par une lumière intérieure qui ose s’appeler « espoir ». 

Mon Dieu, quel texte ! Quelle souffrance ! Quel cri pour l’humanité ! Qui ne cesse de durer depuis la nuit des temps !

Serge Barbuscia (Théâtre du Balcon) entre dans la peau –je devrais dire les entrailles- des personnages, le Christ et l’auteur, et la blessure est là, présente, communicative et l’espérance aussi. Merci, Monsieur, vous êtes immense.

Une mention toute particulière à Sylvie Kajman qui offre à nos regards ses beaux acryliques mis en lumière par Sébastien Lebert. Magnifique !

Je retourne à l’automne enchanteur, transporté, spectre-acteur envouté par les mots de l’auteur.

J’ai soif. Encore.


PierPatrick


Mis en scène et interprété par Serge Barbuscia

Piano Roland Conil

Dramaturgie Primo Levi, Pieralberto Marchesini, Serge Barbuscia

Acryliques Sylvie Kajman

Scénographie et lumière Sebastien Lebert

Direction d'acteur Clara Barbuscia


  


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