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Prose et Poésie

Un escalier de bois

Qui se torticolise

Un grenier sous un toit

Je m’y volatilise

Une marche à mon poids

S’éveille et vocalise

Je m’arrête, pantois,

Au battant qui me grise

Sans savoir si je dois

Visiter cette église

Sourdement je perçois

Une aile qui me frise

Une colombe boit

Un peu de fraîcheur grise

Sous la tuile, je vois

Des malles, des valises,

Des coffres, au moins trois,

Que la main dévalise

Je rencontre des rois

Entre eux qui rivalisent

Et le bon Saint Eloi

Qui les idéalise

Quelques soldats de bois

Que l’ombre immobilise

Et ce casque sournois

Qui les ridiculise

Ainsi qu’un piano droit

Qui joue les « Tour de Pise »

Une horloge, je crois,

Là-bas, qui rivalise,

Puis des portraits grivois

Et le buste d’Elise

Un livre de surcroît

Qui conte des bêtises

Un vieux pantin chinois

Les épaules démises

Un peigne, un casse-noix,

Un bouton, des chemises,

Une chaîne, une croix,

Un miroir qui se brise,

Une lettre de toi

Qu’alors je subtilise,

J’entends comme une voix,

Pénétré de surprise,

Je pense avec émoi

Il faut que je la lise…


Quand après de longs mois,

Je rendors mon église

J’emporte au fond de moi

Un millier de bêtises

Une marche à mon poids

Soudain qui vocalise

Un grenier sous un toit

Où se torticolise

Un escalier de bois

Que ma mémoire irise…

Pendant que je reçois

D’une fée une bise…




  

Notre entant, notre enfant qui ne va jamais naître,

Attends, je veux l’aimer plus fort

Et transporter ton corps

De la ferveur qui me pénètre.


Ton enfant, mon enfant, attends, laisse-moi voir,

Le sentir dans ta chair où mouillent mes caresses,

L’embrasser sur ta peau, l'étrangler de tendresse

Sans qu'il en souffre trop, et pour ne plus savoir


Devrai-je lui offrir pour tromper sa patience

Un nounours en peluche un poignard en plein coeur

Comme à titre posthume un jouet de valeur.

Que nous enterrerons pour meubler la conscience.


Je l'entends, notre enfant, qui appelle au secours

Dans le tombeau vivant qui veut le disparaître;

Ton enfant, mon enfant, qui ne va jamais naître,

Je crois l'aimer plus fort encore, 0 mon amour!


Attends pour l'enfant mort avant la délivrance,

Je vais crier pour lui le cri de l'espérance,

Une cloche qui sonne et va se balançant,

Pour le prix d'un fantôme on a celui du sang!

  

Imagine





Imagine… Paris… une nuit à l’envers… une nuit de trois heures qui remonte à l’horloge vers le soir… imagine…un cimetière de marches chaudes éventrées…


Imagine… Paris ailleurs, Paris ici…une porte qui bat dans sa serrure… des escaliers de bois qui se torticolisent de haut en bas… de bas en haut


Imagine… le pas creux d’un homme qui s’y engouffre, aspiré et qui fuit, lourd de marches, de marche en marche, à reculons


Imagine… un trou d’ombre mal éclairé bardé de murs crevés par des rideaux tirés, opaques, une cour qui claque à chaque pas creux de l’homme chargé de marches… et puis… une porte cochère, verte d’ennui, massive, immense, rivée toute entière aux pans troublés de l’obscurité vertigineuse, imagine…

Un immeuble suspendu entre ciel par les caves et terre par les toits et qui balance du ciel à la terre sans savoir où est le ciel où est la terre


Imagine… une nuit de trois heures moins cinq… luisante de pavés en pavés qui flottent… et là-bas, en face, en face exactement de là-bas, une tache rouge, rugissante, avide, qui vient de happer l’homme, lequel vient d’avaler ses marches.


« Au revoir, à bientôt ! »


La tache rouge nous emporte, toi, moi. Nous disparaissons au point de non-voyance, séparés, quelque part, dans Paris, vers une nuit de deux heures et demie.


« Au revoir… Salut Ami… Merci Amie… »


Cigarettes aux framboises à l’eau de vie de larmes séchées.

Ami vient aider l’homme qui fut avec toi dans l’ombre rouge à partager le poids d’une marche trop lourde en lui, mal éclatée, mal digérée, mal absorbée.


« Pourquoi ne pas faire un bout de chemin ensemble ? »


Tartes aux fraises, vin, histoires drôles, vin, chèvre, vin, pommes de terre sautées, drôle d’histoire, vin, jambon-poulet froid, vin, whisky.


« Bonjour, Amie, ça va ? » Le salon-salle à manger-chambre à aimer a chaviré d’un coup nous déposant dans l’ombre rouge déjà là-bas, en face.


Imagine… Paris… vingt et une heure… une porte cochère… une cour… toi, moi, nous avalons d’un trait les cinq étages qui nous tournent le dos, il fait faim, Porto pour toi, pour moi, musique, allons Maestro ! Et puis…


tu apparais !


Imagine que tu apparaisses… tu apparais !

Et quand tu n’es plus là, imagine, je disparais aussi, la moindre parcelle de mon corps entre en moi, le moindre objet, le moindre mur, la moindre matière, visible ou invisible, tout , rien, entre(nt) en moi, dans l’espace, partout et nulle part où je te retrouve enfin…


Toi et moi…


Imagine que j’apparaisse…






  

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