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Prose et Poésie







Comme on est bien quand on rigole

Quand on rigole de bon cœur

Comme un enfant à qui on fait plaisir

En jouant le clown pour lui

En grimaçant en pirouettant

En se laissant tirer les cheveux

Parce qu'il ne sait pas que ça fait mal

Et qu'il rigole.


Comme on est bien quand on rigole

Quand on rigole

Même pour rien !


 Comme on est bien quand on rigole

                   Et que l'on a pas bu !


Parce que quand on a bu......




        Le petit homme bleu, là-bas, qui me regarde, fait des ronds de fumée

avec sa bouche; il envoie des baisers au souvenir des femmes qui sont passées effacées, puis il continue à faire des ronds de fumée, l'œil assis sur les ombres qu'il prend pour des femmes, des femmes qui sont des ronds de fumée; Le petit homme bleu broie du noir, il va se masturber avec des ombres de fumée, des ombres qui sortent de sa bouche, il en fait des ronds, il pense aux ronds des femmes, aux rondeurs, aux trous, aux trous qu'il n'a plus en face des yeux, il crève avec son doigt le trou d'une bulle de fumée qu'il

a pris pour une femme, d'une pauvre bulle qui fuit de sa bouche comme d'un encensoir....

Pourtant," comme on est bien quand on n'a pas bu

Et qu'on rigole quand on n'a pas bu,


Parce que quand on a bu......


        Le petit homme vert, là-bas, sous la feuillée de sa calvitie égarée,

pense, parce que c'est un penseur, surtout quand il a bu, il pense, le petit homme vert que les hommes sont laid8~, que les femmes sont laides, et il se touche parce que les femmes sont laides et qu'elles n'ont pas envie de lui, parce qu'ils n'aiment pas les femmes laides qui n'ont pas envie de lui. Il

se touche, le petit homme vert, il se culbute tant et plus, tout seul comme une grand, et comme il pense, il se touche sans le savoir, sans se souvenir qu'il est châtré; il est châtré parce qu'il pense que les femmes sont laides et les femmes n'ont pas envie de lui; il le sait, le petit homme vert,et il se dit que ce sont les femmes qui lui ont violé l'esprit, qu'au fond les gens sont dégoûtants, les femmes laides, qu'il est châtré pour la vie, que les femmes sont de plus en plus laides et qu'elles ont de moins en moins envie

de lui. Il se ronge les ongles, le penseur vert, puisqu'il s'est déjà rongé le sexe, puis il se rongera les sangs, puis il deviendra un os et il sera le seul os qui pense et les femmes seront toujours laides et les femmes n'auront pas envie d'un os. Le petit homme vert allume sa pipe; il fait des ronds lui aussi avec sa pipe; il pense au cul des poules qui n'ont pas encore pondu, il pense qu'il va rester vert longtemps; il rigole de lui-même, en pleurant des œufs de poule, par humour, il songe qu'il n'est pas encore

mûr pour ces choses-là, qu'il aurait aimé quelquefois avoir la syphilis parce qu'il y aurait goûté et que les femmes auraient été moins laides. Il se sert à boire, le petit homme vert, ça le rend fidèle, fidèle à lui-même, puis c'est plus facile pour rigoler de soi-même, puis les femmes sont laides!



Pourtant, comme on est bien quand on rigole,

Et que l'on n'a pas bu!

 

Parce que quand on a bu......


        Les petits hommes sont verts, les petits hommes sont bleus !

L'autre, là-bas, est complètement gris. Parce que le gros rouge l'a rendu gris, gris comme un rictus de déporté; mais le gros rouge est bien descendu, le bas ventre du petit homme gris s'est gonflé avec orgueil.

Il bande, le malheureux, il bande avec de bons soupirs d'ivrogne ravi.

Il rigole, le petit homme gris, il rigole grassement, comme le gros rouge, comme son bas ventre. Demain, il rira moins, ça ne fait rien, demain, c'est demain, aujourd'hui il bande!


Et tous les petits hommes ont des couleurs, des couleurs de noyés, des couleurs de pendus, des couleurs d'assassins, des couleurs de jeunes filles-pudiques-qui-lèchent-le-trottoir-avec-les-yeux-et-soulèvent-leurs¬jupes-aux-mollets-en-priant-Diëu-qu'on-les-découvre,des couleurs de prêtre au confessionnal, des couleurs de confessés, et ça rigole, là-dedans,

ça rigole! Ca boit aussi !

Pourtant, comme on est bien quand on a pas bu

Et qu'on rigole quand on n'a pas bu,


Parce que quand on a bu......


        Des pucelles en chaleur se soulagent le ventre avec de l'eau-de-feu qui n'est pas celle du St Esprit, et glissent des regards rouges comme des;~ limaces sur les petits hommes de couleurs qui se laissent glisser dessus, qui rigolent de plus belle entre deux belles rasades, et qui se grattent, et qui se grattent de partout pour se remplir de bave, excepté le petit homme vert qui s'est rongé les ongles en pensant que les femmes sont laides parce qu'elles n'ont pas envie de lui. Et puis les ronds de fumée, les fameux ronds de fumée qui ne sont plus très ronds, qui toussent au visage d'une lesbienne à la mode parce que le petit homme bleu lui a dit que c'étaient des femmes.

Pourtant, des femmes, il y en a, en chair et en os, parfois plus en chair qu'en os, parfois plus en os qu'en chair, mais il y en al Elles sont là, les femmes de l'homme bleu, les femmes fumées, même qu'il y en a qui ne sont pas du tout légères; elles sont là, les femmes de l'homme vert les femmes laides, même qu'il y en a de très jolies! Elles sont là, les femmes, des femmes qui rigolent, des femmes qui boivent. Celle-là qui pleure dans son corsage parce qu'elle n'y peut mettre que la tête et qui elle a eu des peines de croissance; celle-ci qui a des peines de cœur, qui ne sait pas pourquoi, et qui hoquette, et qui hoquette, en bouffant l'air des autres, en se laissant boire les larmes par un gros homme rouge qui transpire beaucoup et qui se croit parti sur le sentier de guerre; cette autre, qui baille avec mélancolie tandis qu'un petit homme pâle a posé la main sur sa cuisse, un peu plus haut; et puis, une vieille de vingt ans, toute cabossée par le poids de ses jeunes années parce qu'elle a pris le poids un peu trop t6t et qui grince des regards méchants à cause d'une pin-up tout droit sortie d'un magasin de prêt-à-porter et que l'on s'apprête à supporter parce qu'elle vient du premier âge et qu'elle montre son nombril à tout le monde depuis que ça se fait, car ça se fait, cette année, paraît-il!; puis, quelques hermaphrodites qui fument pour se donner du sexe et qui parlent d'autre chose, par contenance!; puis, des écrevisses, des tourteaux, une fondue savoyarde qui se colle à tout le monde, que personne ne veut s'attacher, une qui prend ses bains de pieds dans une pompe à bicyclette qui porte des talons aiguilles et qui n'a pas de bas; l'autre, là-bas, qui ne supporte pas le vin et qui le sait, qui en boit beaucoup, qui va vomir joyeusement, qui revient vidée comme un fant8me et qui reprend un verre...pour voir! Des femmes, il y en a.


Celle qui s'agite au fond, par exemple est une révolutionnaire, elle s'essouffle beaucoup pour garder son souffle, elle manifeste contre tout, le vrai, le faux, la justice, l'erreur, le vrai, le faux ,le..,., contre le vin de Bourgogne parce qu'il est trop cher, qu'elle en boit quand même, contre le petit Jésus qui n'a pas de couleur, elle lève les bras au ciel quand même, elle fume des cigarettes longues comme un bâton de maréchal et elle n'est pas décorée;

 

celle qui attend l'orgasme en lisant la Revue Pastorale ou... ;

celle qui fait la danse du ventre, celle qui se déshabille, celle qui se rhabille, celle qui est venue toute nue pour scandaliser les gens propres, les gens d'ici par exemple, celle qui a du rouge à lèvres de la tète aux pieds et qui n'a pas de tête (depuis que l'hérédité l'a condamnée), celle qui se prostitue pour envoyer des colis aux petits chinois qui meurent de faim et qu'elle ne connaît pas, celle qui préfère l'huile au beurre, celle qui préfère le beurre i l'huile et l'autre qui met tout sur le feu, m3me que ce n'était pas le moment, celle qui évangélise par devant et qui baise par derrière avec un monsieur de trente millions son aîné -d'ailleurs, qui a toujours confondu l'avant et l'arrière-, celle du dessus qui pense à son bébé laissé par mégarde dans la baignoire et qui ne se souvient pas d'avoir fermé les robinets, qui risque par son imprudence d'inonder l'appartement; celle qui caquette, le petit doigt en l'air pour boire mieux,et l'autre dans la poche d'un petit homme terreux engoncé dans un recoin de mur comme un lézard, endormi sur son estomac; celle qui rigole avant la plaisanterie finie et qui comprend toujours; celle qui fait des gaffes, que j'aime bien. Enfin, des femmes!


Tout ce beau monde boit, rigole,

Tout ce beau monde s'amuse,

Tout ce beau monde est chez moi,

Et moi, je bois avec ce beau monde

Parce que j'aime le vin,

Et moi, je ris avec ce beau monde

Parce que j'aime rigoler,

Et moi, je baise avec ce beau monde

Parce qu'on est là pour ça

et moi, je suis un petit homme de toutes les couleurs parmi les petits hommes de couleurs, je vois les heures qui se poussent à coups de bouteilles j'attends le lendemain avec l'impatience des nouveaux nés pour la tétée afin de regarder dans un miroir l'heureuse récompense de ce soir, pour penser qu'il va me falloir me trimbaler toute une journée avec une gueule de bois et faire des sourires à des gens que je ne connais pas...!


Il y a bien cette petite fille, là-bas, qui ne boit pas, qui ne fume pas ou très peu, qui sourit parfois, que j'aime bien. Et qui me regarde et que je regarde. Qui est tombée d'un bénitier, qui n'a pas eu le temps de sécher, qui vient de m'éclabousser le cœur. Bien sur, il faudrait que je mette tout ce beau monde à la porte, oui!, il faudrait, il faudrait. Mais voilà, je suis un petit homme de couleurs, je "bèèèle" dans le troupeau.


Ses yeux à elle ont tout compris!

Ses yeux à elle ont trop compris!


Je voudrais rester avec elle, simplement, sagement, mais les autres?

Je lui parlerais des petits oiseaux, de musique ancienne, de paradis perdu, de tarte aux pruneaux, de paradis retrouvé, du Bon Dieu, de la compote de pommes, des herbes de Provence et de ses yeux à elle. Elle m'écouterait gentiment, je lui dirais que je l'aime mieux que bien; on ferait l'amour, peut-être, avec amour;


et puis... il y a bien cette petite fille, puis le vin, puis le rire, puis tout le monde, puis j'ai trop bu, puis j'ai trop ri, puis je suis fatigué, puis ils m'emmerdent tous, puis... on continue!...

puis le métro, puis les petits pieds de Lucie, puis les seins de Geneviève qui n'en n'a pas, puis les petits plats dans les grands, puis le sexe dégorgé du petit homme gris, puis les mains d'Olga, puis le gâchis Parmentier, puis le hachis tout entier, puis les fesses de la fille du dessus qui a noyé son bébé, qui ne le sait pas encore, puis l'Amiral qui s'est déculotté devant un Anglais, puis l'Anglais qui se prend pour Wellington, of course, qui n'est jamais allé en Corse et qui fait comme ci à cause d'une vieille histoire, puis un président d'anciens combattus - ancien lui aussi - qui me tape familièrement sur l'épaule et sur les nerfs et qui s'écrie: "Vivement la relève!", puis la lesbienne qui drague des ronds de fumée, puis les vespasiennes qui sont bouchées, puis le curé à la mode de Quand?, puis les tripes du chien écrasé dans le canard de je-ne-sais-plus-qui, puis les femmes laides  du petit homme vert qui n'ont toujours pas envie de lui, de lui qui ne leur a pas demandées, puis le mariage de ma cousine Marie-Quelque chose avec un sous-marin grec rencontré sur son yacht alors qu'il était amateur dans le pétrole, puis le pétrole qu'on a bu et qu'on achète aux arabes, puis les limaces, puis le cancer du foie de celui qui ne boit jamais, puis la petite vérole chez la sœur du petit homme vert qui en est verdâtre, puis le nombril du monde qui sort d'une Lampe de Rancement, puis le coup du père François taché de poils tombés du ciel, puis le ciel qui se fout bien du coup du père François, puis le miracle annoncé dans l'horoscope de Constance qui a pleuré toute la nuit, puis le cheval gagnant du tiercé de dimanche que tout le monde va perdre, puis le point de beauté de Laurence qui n'en n'a point, et puis... mon lit ... et puis ... j'en ai marre.


Et puis, comme on est bien quand on rigole,

Quand on rigole de bon cœur


Comme un enfant.......


  

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